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Gérardmer : Fantastic'Arts 2018

 

Fantastic’arts, 15ème festival et 10 ans de virées vosgiennes déjà pour ma part avec la certitude, comme beaucoup de monde, d’avoir vécu cette année l’une de ses meilleures éditions. Loin de moi l’envie d’user du cirage de godasses envers Gérardmer (j’ai toujours dit ce que je pensais et pas forcément en bien…) mais il faut tout de même reconnaître que grâce à la qualité de la programmation, au jury de prestige et à l’organisation moins chaotique qu’à l’accoutumé ces quelques jours furent un vrai bonheur de festoche. Un retour au meilleur niveau après quelques années en demi-teinte : les organisateurs vont devoir maintenant mijoter avec talent les éditions futures car on va finir par devenir exigeant ! En attendant, petit retour sur la programmation de cette année 2008…

Le jury des « maîtres du genre » fantastique lors du photocall...

 

 

Cette vidéo vous propose de retrouver le photocall du 24 janvier, au bord du lac de Gérardmer, et une brève rencontre avec le jury sur la scène de l'Espace Lac le 26 janvier. Présidé par Stuart Gordon, il était fabuleusement épaulé par Jess Franco, mais également par Ruggero Deodato (Cannibal Holocaust…) , Takashi Shimizu (The Grudge…), Sean S. Cunningham (Vendredi 13…), Neil Marshall (The Descent...), Nicolas Winding Refn (la trilogie Pusher...), Jake West, Juraj Herz et l'actrice Kristanna Loken.

 

 

EPITAPH : Jeudi 24 janvier, 11 heures du mat’ et l’impression de retrouver l’espace lac après seulement quelques semaines d’absences : ça fait pourtant un an que je n’ai pas mis les pieds ici ! La compétition officielle débute en tout cas avec son habituel petit détour par l’Asie en programmant Epitaph des coréens Jung Bum-Sik et Jung Sik. Une petite fille, transportée en urgence à l’hôpital après un accident de voiture est hantée par des revenants… Il fallait bien une daube pour mettre en valeur le reste de la programmation : ça tombe bien puisque cette énième histoire de fantômes japonais remplit ce rôle les doigts dans le nez. Comme d’hab’ on se tape des wagons de Sadako à cheveux gras, pour le reste de l’histoire on meurt, on ressuscite, les personnages changent de visage, de personnalité et la gamine passe la majorité du film à beugler comme une hystérique… bref le film est interminable et, au bout du compte, j’ai rien compris ! Ha j’oubliais, y a aussi des escargots dedans… (?)

TEETH : Première bonne surprise du festival avec Teeth de John Lichtenstein. Membre active du club de chasteté de son lycée, Dawn doit pourtant redoubler d’efforts pour contenir ses premiers désirs sexuels. Des circonstances dramatiques vont l’amener à découvrir une étrange anomalie de son anatomie : son vagin est tapissé de dents ! Une particularité qui pourrait bien lui être utile en certaines circonstances... Véritable comédie noire, dans l’esprit du May de Lucky McKee, Teeth évite avec talent de sombrer dans le racolage excessif que pouvait présager un tel sujet. Le scénario joue donc la carte de l’humour horrifique (avec tout de même une pointe de sanglantes amputations : devinez lesquelles…) tout en se foutant gentiment de la gueule d’une Amérique rongée par un puritanisme de godiche. A noter l’excellente prestation de Jess Weixler surfant avec talent entre la naïveté pudibonde et l’audacieuse responsabilité d’explosion de braguettes… Un vrai plaisir de série B parfaitement maîtrisée qui ne cherche pas à se prendre au sérieux. On peut dès lors s’étonner de voir le film taxé (avec virulence par certains critiques) de moralisateur et démago. Pas difficile pourtant de comprendre que tout ceci n’est qu’une énorme déconnade. Une nana avec des dents dans le vagin ? Matez les deux tours nucléaires qui surplombe la ville tout au long du film : on est à Tromaville bien sûr !

LE ROI DE LA MONTAGNE : Un homme s’égare sur une route isolée et devient la cible de tirs provenant de la montagne. Avec l’aide de Béa, une jeune femme tout aussi paumée que lui, ils vont tenter d’échapper à leurs poursuivants... Première incursion du fantastique espagnole de cette édition, El Rey De La Montana louche clairement du coté du survival. Un environnement hostile et isolé, une menace invisible qui cherche à trouer la carlingue du casting, pas de doute, le réalisateur a visionné en boucle le dvd de Délivrance. Malgré cette référence plutôt flatteuse le film peine pourtant un peu à décoller et se paume lui aussi dans la montagne. Un montage plus serré aurait peut être permis de donner un peu plus de dynamique et de rythme à une intrigue parfois molle en action. On suit donc pendant un bon moment le casting en train de se trimballer au milieu des bois sans qu’il ne se passe grand-chose. Le film mérite cependant largement le coup d’œil : tout d’abord parce que certaines scènes sont carrément percutantes ( les flics abattus, la planque dans la bagnole…) et le final, viscéral à souhait, écrase sans problème ceux de la plupart des autres films du genre. Le film de Gonzalo Lopez-Gallego reste donc au final un excellent moment d’angoisse et un exemple de plus en faveur d’un cinéma de genre espagnol en pleine explosion créative !

 

 

La présentation, le jeudi 24 janvier 2008 à l'Espace Lac, de Le Roi de La Montagne (El Rey de la Montaña), en présence de son réalisateur Gonzalo López-Gallego. Un survival ibérique très (trop) contemplatif qui n'a pas forcément convaincu la majorité des festivaliers… Notons, pour information, que le film fut rebaptisé "Les Proies" pour sa sortie en salle française…

 

 

FRONTIÈRE(S) : Avant première très attendue pour conclure ce jeudi soir avec la projection du Frontière(s) de Xavier Gens, un film d’horreur français à la sanglante réputation. Repoussé depuis un bon moment pour cause de désaccord avec le distributeur, le film est récupéré par Europa Corp. qui décide enfin de le sortir en salle… Une petite bande de banlieusards prennent la fuite après un braquage qui tourne mal et débarque dans un hôtel perdu en pleine campagne… Frontière(s), c’est avant tout un énorme nid de références horrifiques. Gens aime et connaît parfaitement le genre, il en profite donc pour construire son métrage comme autant d’hommages et de clins d’œil aux films qu’il affectionne : Massacre à la Tronconneuse, Aliens, Misery, The Devil’s Rejects…  Mais, comme pour Le Roi de la Montagne, Les influences ne sont pas forcément bien digérées par un scénario parfois bordélique. Le pire résulte pourtant de dialogues foireux et d’une poignée d’acteurs en roue libre dans un festival de cabotinage à la limite de l’amateurisme. Reste tout de même, pour se rattraper, une ambiance oppressante franchement efficace (la « redneck texas attitude » à la française fonctionne à la perfection) et un véritable carnage gore comme on a pu rarement en voir dans un film de genre français. Dommage donc de passer à côté de ce qui aurait pu devenir un véritable classique de l’horreur à la française mais on ne va pas être trop exigeant car Frontière(s) peut tout de même se vanter de faire bien mieux qu’une bonne tripotée de productions ricaines, sous influences identiques mais pourtant invariablement foireuses !

JOSHUA : Projection pépère pour débuter ce vendredi matin avec Joshua de George Ratliff. Un jeune couple friqué de Manhattan attend la venue d’un second enfant. Joshua du haut de ses neufs ans devient l’aîné de la famille mais vit mal cette "intrusion" dans le cercle familiale. Une série de tragiques incidents va mettre à jour le vrai visage de l’enfant, manipulateur et menaçant… Joshua, au premier abord, c’est un peu La Malédiction ou Rosemary’s Baby. Le scénario évite pourtant intelligemment de tomber dans le piège convenu de l’enfant maléfique et ne livre aucune véritable explication aux agissements de plus en plus sinistres du jeune garçon. Un choix narratif diablement efficace, qui dérange et trouble véritablement le spectateur, impuissant et interrogatif face à l’anéantissement, lent et douloureux, de cette cellule familiale que l’on aurait cru parfaite et équilibrée. Un gamin à gueule d’ange plus flippant que tous les croquemitaines tarés et autres entités diaboliques sur pellicule ? Fallait osé y penser et oser le mettre en scène sans tomber dans l’excès grandiloquent. Le pari est en tout cas remporté haut la main : ce Joshua est terrifiant !

CLOVERFIELD : Une bande de jeunes new-yorkais organise une soirée pour fêter le départ d’un de leur ami mais la soirée bascule brutalement à l’horreur lorsqu’un monstre envahit Manhattan et dévaste tout sur son passage… Sur le modèle du Projet Blair Witch, Cloverfield joue la carte de l’ultra réalisme en suivant le point de vue de quelques ados filmant leur fuite au caméscope, au milieu d’un New York d’apocalypse. Une approche très similaire donc, malgré un sujet bien évidemment totalement différent, et un budget modeste (toute proportion gardée) à l’image du roublard projet de Myrick et Sànchez. Si ce dernier a été tourné pour 60 000 dollars (une totale misère à Hollywood, devenant du coup le film le plus rentable de l’histoire du cinéma...), Cloverfield lui est produit par J.J Abrams, le créateur de Lost : pas le genre à jouer les radins pour économiser trois kopecks. Le film ne bénéficie pourtant que de 25 millions de dollars de budget, là où la plupart des blockbusters du même type en réclame 150 (au minimum). Une modération budgétaire bénéfique à l’intrigue, qui suggère plus les évènements qu’elle ne les montre. L’impact sur le spectateur est amplifié et les quelques séquences d’attaques deviennent du coup complètement saisissantes et franchement traumatisantes. Les évènements du 11 septembre ne sont peut être pas totalement étrangers à ce sentiment de frayeur et de perte de contrôle que l’on peut ressentir en visionnant le film (essayez avec le Godzilla de Emmerich vous verrez, c’est bizarre ça marche pas…) mais Cloverfield est en tout cas un projet parfaitement maîtrisé et une incontestable réussite qui marque une nouvelle étape du film de monstre. Il sera désormais difficile de faire mieux…

 

 

Présentation, le vendredi 25 janvier, de Frontière(s). Un survival campagnard français réalisé par Xavier Gens (Hitman, The Divide, Budapest…). 

Plutôt efficace mais stéréotypé et maladroit (la direction d'acteur est approximative, comme souvent dans les films de genre français…), le film peine à soutenir la comparaison avec les classiques américains dont il s'inspire. Il reste cependant un exemple parfait du film de festival taillé pour électriser l'enthousiasme des festivaliers. Un engouement pas toujours partagé si l'on considère les réactions mitigées de certains spectateurs lors de la rencontre avec l'équipe du film : des critiques et des opinions qui peuvent se justifier mais que certains acteurs de l'équipe ont beaucoup de mal à accepter, jouant de provocation et d'inélégance (parfois même de bêtise…) envers les intervenants mécontents. On se demande, dès lors, quel est l'intérêt de se déplacer jusqu'à Gérardmer pour défendre un film et ne pas accepter la moindre contradiction… Une rencontre un peu houleuse que vous pouvez (re)découvrir dans cette vidéo, en présence de Xavier Gens et du casting : Samuel Le Bihan, Karina Testa, Aurélien Wiik, Adel Bencherif et Maud Forget.

 

 

THE BROKEN : Après nous être doucement remis de la baffe infligée par Cloverfield, nous nous précipitons à la présentation de The Broken le nouveau film de Sean Ellis, déjà responsable de l’excellent Cashback, certainement l’une des meilleures comédies sentimentales (et déjantées) de ces dernières années. L’envie était donc grande de voir le jeune réalisateur se frotter plus profondément au genre fantastique, sur un sujet cette fois totalement dénué de déconnade. A Londres une femme voit son double au volant de sa propre voiture. Perturbée par cette étrange rencontre elle est victime d’un violent accident de la circulation. A son réveil la réalité va basculer vers un univers sombre et terrifiant… Austère et un peu péteux au premier abord The Broken vaut pourtant bien mieux que les échos critiques, lapidaires et méprisants, entendus tout au long du festival. Ellis charpente son scénario autour d’un univers froid, très stylisé mais parfaitement maîtrisé. Le rythme éthéré et lent de l’intrigue insuffle aussi un peu d’originalité esthétique au thème du doppelgänger / "Body Snatchers". Bien sûr le film n’est pas exempt de défaut car on aurait surtout aimé que le réalisateur pousse un peu plus loin sa thématique d’invasion au lieu de se cloisonner au simple cadre familial carrément restrictif pour un sujet de cette envergure. Un choix volontaire ou une restriction budgétaire ? Peu importe car en l’état The Broken reste en tout cas un spectacle véritablement efficace et un régal esthétique. Et parfois, un peu d’esbroufe visuelle ça ne peu pas faire de mal...

REC : Jaumé Balaguero, le retour. Valeur sûre du festival (toute sa filmo a eu les faveurs de la compétition officielle) le réalisateur espagnol signe cette fois une co-réalisation avec Paco Plaza. Une collaboration en forme de retour aux sources cinématographiques. Exit donc l’esthétique cinémascopé de Darkness et Fragile. Balaguero, peut- être sous l’influence de Plaza, se regarde moins filmer et nous balance en pleine tronche une véritable bombe, une réussite à laquelle on ne s’attendait franchement pas au regard des premières minutes de ce REC. Une petite équipe de télévision locale relate le quotidien d’une équipe de pompiers. La nuit est calme jusqu’à l’intervention auprès d’une vieille dame dont les cris terrorisent tous les habitants de l’immeuble… Si REC surfe clairement sur la vague de l’esthétique documentaire (plus de dynamisme et d’authenticité à l’écran…) le film peine pourtant un peu à se mettre en place (une mauvaise dose d’humour et des dialogues un peu lourdingues : avis perso…), Il faut donc attendre la presque moitié du film pour que le récit s’oriente enfin vers l’horreur la plus terrifiante et la plus crue jusqu’à un final d’anthologie digne des meilleurs coups de flips zombiesques. Pour cette simple deuxième partie du métrage le film rentre directement au panthéon du film de morts vivants ! Un classique de plus pour le cinéma ibérique en passe de devenir le big boss du cinéma de genre européen. Qui l’aurait cru il y a à peine dix ans ? Ben pour être très franc, certainement pas moi…

 ALL THE BOYS LOVE MANDY LANE : Un groupe d’ados invite la séduisante Mandy Lane à venir passer un week-end à la campagne dans un ranch isolé. Une fiesta qui va déraper vers l’horreur lorsque ses participants vont disparaître les uns après les autres dans de mystérieuses conditions… Présenté hors compétition, Mandy Lane trimballe, à l’inverse de The Broken, une excellente réputation également dû à l’effort esthétique accordé au métrage (c’est vrai que la plupart du temps dans un slasher, si ça saigne, l’esthétique faut avouer qu’on s’en branle complètement…) Le film ne trahi effectivement pas sa réputation et affiche une photographie plutôt soignée, échappée en parti de l’univers de Sofia Coppola et de son Virgin Suicide. Il aurait par contre été carrément judicieux de s’attarder sur les faiblesses d’un scénario qui ne se démarque absolument pas d’une quelconque bouse destinée au marché vidéo. On s’emmerde donc poliment, d’autant plus que les rares meurtres ne sont absolument pas sanglants et que la révélation finale relève du gros foutage de gueule déjà vu maintes fois (en mieux). Bref, vraiment pas de quoi crier au génie, la pilule aurait été certainement moins difficile à digérer avec une diffusion plus discrète en compétition vidéo…

DIARY OF THE DEAD : Romero cinquième. Des étudiants en cinéma, en plein tournage d’un petit film d’horreur, apprennent que le pays entier est envahi de morts revenant à la vie. Ils choisissent alors de filmer l’horreur bien réelle à laquelle ils se retrouvent tous confrontés... Il faut être honnête, je n’attendais pas grand-chose de ce nouvel opus consacré aux morts vivants après la déception causée par le décevant Land of the Dead. La surprise est pourtant plutôt bonne. Romero revoit ses ambitions financières à la baisse, joue la carte du documentaire amateur (voir REC pour explications…) et ça lui réussit plutôt bien, même si le procédé "caméra à l’épaule" (et on en a bouffé un max pendant le festival !) va bien finir par nous gonfler tout autant que l’invasion de fantômes japonais il y a quelques années. On peut aussi reprocher à Romero de ne plus avoir forcément grand-chose à dire et à revendiquer dans ses films. Au lieu de nous torcher une simple bonne série B il s’obstine donc à continuer de dénoncer, parfois un peu lourdement, les travers de la société américaine. Cette fois ce sont les méfaits de l’image, de l’info et des médias manipulés qui sont pointés du doigt. Certes, on ne va pas lui reprocher d’être un réalisateur engagé mais le scénario semble parfois écrit de manière à inclure quelques séquences réprobatrices à coup de grands stéréotypes appuyés : c’est ce que j’ai ressenti à la vision du film mais bon, peut-être que je me goure complètement... Ceci dit, Diary of the Dead reste tout de même un excellent film d’horreur, efficace et sanglant, qui renoue avec la force brute et dérangeante des images du premier opus. Un véritable retour aux sources pour augurer d’une nouvelle trilogie ?

STUCK : Il était logique, présidant le jury, que Stuart Gordon présente son nouveau film pendant le festival. Le réalisateur de Ré-Animator Confirme donc son virage cinématographique amorcé avec King of the Ants et délaisse le cinéma fantastique et horrifique au profit du polar, avec bien évidement toujours cette touche "maison" d’étrangeté malsaine qui ravit les fans de sa filmographie depuis près de vingt ans. Une jeune femme au volant de sa voiture renverse un passant dans la rue. Encore vivant, il reste coincé dans le part brise. Paniquée, elle décide de le laisser agoniser en l’enfermant dans son garage… Toujours beaucoup de cruauté, d’irrévérences et de personnages déjantés chez Gordon. Le film se dévore comme une comédie noir, le duo Stephen Réa/Mena Suvari (qui se transforme progressivement en vache laitière; mais où est donc passée la meuf sexy de Américan Beauty ?) est une belle idée de casting mais le final, plutôt moral, pointe un peu le manque de mordant de l’intrigue, le grain de sable entre les dents qui aurait véritablement pu faire la différence…

L’ORPHELINAT : Laura décide de restaurer l’orphelinat dans lequel elle a passé son enfance mais le jour de l’ouverture du nouveau foyer, de vieux démons longtemps refoulés refont surface dans la vieille maison… Plus gros succès espagnol de tous les temps, 14 nominations et 7 trophées au Goyas (les césars espagnols), grand prix du Fantastic’art cette année…. L’Orphelinat fait l’unanimité et pourtant, sans esprit de contradictions aucun, je n’ai pas aimé ce film. Bayona fusionne tout ce que le cinéma espagnol a pu réussir dernièrement dans le genre fantastique : Fragile, l’Échine du Diable, Les Autres… sans parvenir à en extraire le moindre frisson. C’est d’ailleurs à un public familial que le film s’adresse prioritairement puisque ce dernier se réfère plus au drame poétique qu’à l’horreur. Un trop plein de bons sentiments auxquelles je ne m’attendais pas et qui me sont, du coup, totalement passés par-dessus la tronche. Une fois de plus, mon côté gros ciné bourrin m’a joué des tours...

ROGUE : … mais il peut aussi être très utile pour aborder des films comme Rogue par exemple, car avec cette énième version du crocodile qui bouffe tout ce qui bouge, il faut pouvoir prendre une certaine distance avec le précédent chef d’œuvre de Greg Mclean, Wolf Creek, et aborder ce nouveau film comme une simple série B. Un groupe de touristes navigue sur les eaux sauvages d’un parc national australien mais un étrange accident les contraint à se réfugier sur un îlot isolé. Quand apparaît soudain un immense crocodile mangeur d’hommes… Pour sa deuxième réalisation, McLean s’éloigne donc du film d’horreur choc et viscéral et s’oriente vers le simple film de genre. Rogue ne cherche donc, à aucun moment, à égaler l’intensité narrative de son prédécesseur mais joue la simple efficacité distractive. Il ne faudra pas, au cours des 100 minutes de métrage, lui en demander plus mais, de ce point de vue, le film est une réussite, écrase la concurrence "direct to vidéo" et se classe d’emblée parmi les films "d’attaques animales" les mieux foutus. Un petit pas pour McKlean mais une belle enjambée de l’agression reptile : Nu image et Asylum ne vont certainement pas tarder à revenir à l’assaut...

MOTHERS OF TEARS : Fin du festival avec la projection du dernier Argento : je ne vais en rajouter des caisses d’autant que tout a déjà été dit ailleurs sur le film, et que, étant malade comme pas deux, j’ai été obligé d’abandonner Mothers of tears à mi-parcours, mais on peut tout même s’interroger sur ce qui a poussé Argento vers autant de négligence : scénario absolument foireux et risible, réalisation à la Derrick, direction d’acteurs minables… Bref c’est de l’ultra Z, tout le monde s’est bien bidonné mais c’est tout de même la honte et une prévisible fin de carrière pour l’ancien maître de l’horreur italienne...

Nicolas C.

 

  

Les membres du jury font la promotion de Maniacs !

De haut en bas, de gauche à droite :

Stuart Gordon, Ruggero Deodato, Sean S. Cunningham, Neil Marshall et Jake West

 

Palmarès longs métrages 2008

Grand prix : L'Orphelinat (El Orfanato), de Juan Antonio Bayona

Prix du jury : REC, de Paco Plaza et Jaume Balagueró - Teeth, de Mitchell Lichtenstein

Prix de la critique : Diary of the Dead, de George A. Romero

Prix du jury jeune : REC, de Paco Plaza et Jaume Balagueró

Prix du public : REC, de Paco Plaza et Jaume Balagueró

Prix du jury Sci-Fi : L'Orphelinat (El Orfanato), de Juan Antonio Bayona

Prix du meilleur inédit vidéo : Détour mortel 2 de Joe Lynch

 

 

 

 

 

fantastic'arts 2008